L’enseignement de l’allemand renouvelé

Pourquoi les langues étrangères sont-elles à l’honneur dans notre école dès l’âge de 6 ans ? La facilité avec laquelle les enfants les apprennent repose sur des critères physiologiques qui leur sont propres tels que la plasticité du cerveau et la motricité de l’organe qu’est la langue. Mais cet apprentissage permet aussi une ouverture à l’autre qui est un élément essentiel de notre pédagogie. Les deux premières années du primaire, deux heures hebdomadaires sont donc consacrées à l’anglais et à l’allemand (soit quatre heures par semaine) et trois heures pour chaque langue à partir de la troisième classe (5e Harmos) jusqu’à la fin du cursus préparant au Baccalauréat français. A cela s’ajoutent, au cycle secondaire, les stages linguistiques anglophone et germanophone, respectivement de 3 et 2 mois. Des spécificités dans l’enseignement de l’allemand sont à relever.

Une pédagogie qui mise sur la joie d’apprendre

Dans les premières classes du primaire, l’aspect ludique est renforcé. Des histoires, pour la plupart très connues en Allemagne comme Räuber Hotzenplotz, adaptées aux âges des enfants et racontant, en allemand bien sûr, des aventures qui captent leur intérêt, voire les amusent, constituent le fil rouge des cours d’allemand tout au long de l’année. Parfois le professeur n’hésite pas à prendre certaines libertés avec le récit pour inventer lui-même des chapitres lui permettant d’intégrer ses objectifs d’enseignement, en terme de vocabulaire par exemple. Jusqu’en 3e classe (5e Harmos), les élèves découvrent uniquement la langue orale, et l’histoire peut être déclinée sous forme de chant, de poésie ou de saynète jouée en classe. La lecture et l’écriture sont introduites en 4e classe, la grammaire en fin de 5e. Cette méthode contribue à rendre la langue allemande plus vivante auprès des enfants.

Une approche innovante qui dynamise l’apprentissage

Au fil du temps néanmoins, le contenu des cours comprend de plus en plus de grammaire et de vocabulaire, ce qui les rend plus rébarbatifs. C’est le moment, en 6e classe, dernière année du primaire, ainsi qu’en 7e et 8e classes qui correspondent aux deux premières années du cycle genevois, d’élargir la façon d’enseigner grâce au concept de l’EMILE – Enseignement de Matières par l’Intégration d’une Langue Etrangère, aussi connu sous l’acronyme CLIL – Content and Language Integrated Learning –, qui se développe en Europe depuis une vingtaine d’années. Outre les cours de langue classiques, les élèves ont ainsi deux ateliers donnés en allemand : le jardinage et le bois. La langue étrangère n’est alors plus considérée comme une discipline scolaire, mais elle devient un moyen de communication et un outil d’accès à des savoir-faire. Et tant pis si les élèves font des fautes en parlant ! La prise de confiance se fait graduellement : au 1er trimestre, c’est surtout le professeur qui s’exprime en allemand, mais dès le 2e trimestre, il est demandé aux élèves d’en faire de même. Les exigences dépendent toutefois du niveau des élèves, afin qu’ils se sentent encouragés à progresser. Avec certains par exemple, le professeur utilisera la « technique du sandwich » qui consiste à alterner langue étrangère, langue maternelle, langue étrangère. Les activités manuelles que sont le jardinage et le bois permettent par ailleurs d’associer l’observation visuelle à la parole pour faciliter la compréhension.

Un bilan positif

Les résultats obtenus avec cette méthode appliquée pour la deuxième année dans notre école sont très satisfaisants, si bien qu’elle pourrait s’étendre à d’autres matières telles que la musique, une discipline qui tient une place de choix dans notre pédagogie.